blogue Notre Boussole stratégique (2026-2030) blogue 5 mins lus 17 avril 2026 Blog blogue Notre Boussole stratégique (2026-2030) En vous tenant sur les berges d’une rivière, vous constaterez rapidement que l’eau ne coule jamais deux fois de la même manière. L’idée n’est pas de se rappeler de mémoire où les roches se situaient hier, mais de considérer le courant tel qu’il est aujourd’hui : sa profondeur, son rythme, ses tourbillons invisibles. Nous œuvrons dans un contexte marqué par des changements écologiques rapides, une instabilité politique et une polarisation sociale. Tout cela dans un environnement informationnel qui se transforme à un rythme effréné, nourri par la méfiance. Aucune de ces forces n’évolue isolément, et aucune d’entre elles n’est statique. Chaque jour, nous devons lire et interpréter la rivière pour agir de manière réfléchie, et non réactive. Si nous tentions de naviguer dans ces eaux complexes à l’aide d’une carte figée, cela nous apporterait le confort de la certitude. Toutefois, nous ne pourrions pas avancer très loin. Voilà pourquoi Philanthropie canadienne pour l’environnement a choisi de se doter d’une Boussole stratégique (2026-2030) au lieu d’un plan rigide. Une boussole ne dicte pas chacun des pas à faire. Elle oriente. Elle permet de s’adapter sans perdre le cap. Elle aide à avancer avec confiance, même lorsque les conditions changent, ce qui arrive inévitablement. Notre Étoile du Nord est claire : un avenir où les bailleurs de fonds environnementaux forment une force courageuse et solidaire, qui agit sur les causes profondes, transforme les systèmes en place et soutient des solutions durables. Ces solutions bénéficient d’un large appui, sont ancrées dans la souveraineté autochtone et reposent sur des modèles économiques au service des personnes et de la nature. En tant que réseau, nous endossons de plus en plus un rôle de navigateur : nous ne nous contentons pas de réagir aux symptômes, mais nous aidons à placer l’action environnementale au cœur des conversations plus larges sur la prospérité, le bien-être et la régénération écologique. La confiance demeure le fondement de nos efforts visant à mieux soutenir le travail mené par les autochtones, tandis que nous remettons continuellement en question notre privilège et nos pratiques de financement. Pour réussir, nous devons pleinement embrasser la force rassembleuse d’EFC. Nous employons le terme port d’attache pour définir ce rôle dans notre Boussole stratégique. Tout au long de ma carrière dans cet écosystème complexe du financement environnemental, EFC a effectivement assumé ce rôle important avec brio. Je crois depuis longtemps que l’une des plus grandes forces d’EFC, c’est notre capacité à accueillir la différence sans perdre notre cohésion. En ces temps où de nombreuses institutions se fragmentent ou se rigidifient devant des perspectives divergentes, EFC se démarque en offrant quelque chose d’assez rare : un environnement de confiance, où des bailleurs de fonds avec différents points de vue se rassemblent pour apprendre, se remettre en question et trouver de meilleures réponses. Il ne s’agit pas de rechercher le consensus à tout prix. Il s’agit de faire preuve de franchise. D’accueillir les désaccords. D’aborder les divergences d’opinions avec curiosité et avec l’intention sincère d’apprendre, en demeurant ouvertes et ouverts à changer d’avis. Il s’agit également de reconnaître que les progrès en environnement ne sont pas l’apanage d’une seule entité ou approche, et que les solutions durables doivent s’inscrire dans les réalités politiques et économiques d’aujourd’hui, sans pour autant en devenir prisonnières. Il n’est pas question de faire semblant que les dimensions politiques de notre travail n’existent pas. Toutefois, nous devons conserver une approche strictement non partisane, conformément aux lignes directrices de l’ARC, lors de ces discussions. Cela ne signifie pas non plus que notre Directrice générale et l’équipe d’EFC doivent adopter une position modérée pour mettre tout le monde à l’aise. Cela signifie plutôt qu’elles peuvent tirer parti du point de vue exceptionnellement large dont jouit EFC afin d’identifier les lacunes, d’offrir des analyses et de proposer des solutions qui peuvent se situer n’importe où sur le spectre des opinions. Ces solutions s’alignent sur des positions parfois centristes, à l’occasion conservatrices, et souvent progressistes. L’important est d’accueillir toutes les voix du mouvement pro-environnemental et de les inviter à collaborer avec la communauté d’EFC. C’est à l’équipe d’EFC de préparer ce terrain. Il nous revient de faciliter ces échanges, de faire preuve de courage et d’exprimer nos opinions, même lorsque nous anticipons que les autres ne seront pas d’accord. Plus important encore, cela signifie que nous demeurons présent·e s les un·e s pour les autres, même (voire surtout) lorsque nous ne sommes pas d’accord. Nous saurons que nous avançons dans la bonne direction si EFC demeure un repère ancré dans des intentions et actions communes. Nous saurons également que nous suivons bien notre boussole si nous témoignons collectivement d’une cohésion, d’une clarté et d’une confiance accrues dans le milieu du financement environnemental canadien. La rivière changera constamment, cela va de soi. Que nous ayons une pagaie, une canne à pêche ou une chaise de plage sous la main, je suis reconnaissant que nous naviguions ensemble, en tant que membres d’EFC, ami·e·s et collègues. Rod Ruff Président, Conseil d’administration d’EFC Président et chef de la direction, Alberta Ecotrust Foundation Share This Article Facebook Twitter LinkedIn Email
Previous Article Le financement de projets pour la permanence : une approche novatrice pour soutenir la conservation et le bien‑être des communautés au Canada juin 27, 2024